Ma lecture de poème fait pour le site Voix d'ici est désormais en ligne. Pour ceux qui souhaitent lire les textes tout en suivant cette archive de ma voix, voici une republication des poèmes lus (non, il n'y a pas de fée clochette pour vous indiquer de tourner la page).Poèmes de l'homme assis
Vous arrivez comme un vent sur le sable, une vague d'oxygène, trois respirations calme; un souffle d'homme assis, d'homme utile. Vous êtes un front baissé comme deux murmures, une liste de travaux propres. Devant vos yeux, ce n'est pas la mer; la mer est un arbre fatigué, un banc pour bateaux de nerfs. Vous attendez l'heure, perdu comme un objet ou un souvenir.
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Ce n'est pas le jour, pas encore. Vous êtes un ventre creux, un costume pour amants vides. Votre coeur transporte plus de sang que d'âme. Mon coeur est une pompe et ma tête, un pays. Non, ce n'est pas le jour, cette nuit trop pâle cherche un lit, un repos plus sombre qu'elle. Je serai une chaise pour l'esprit.
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C'était le monde avant le monde, la terre qui ne tourne pas, table ou caillou plat; un écran à rêve que vous tissez depuis l'aurore. Il y a eu l'arbre puis le sol, l'herbe froissée, plus haute que votre tête. Il y a eu l'homme debout, droit comme la terreur et l'homme couché, ensommeillé, sinon mort, sinon ivre. Votre histoire s'écrit avec des mots brisés. La mort qui blaguait, un jour, inventa la mémoire.
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La terre dépasse votre idée du monde. Vous l'avez appris un jour de pluie, le nez à la fenêtre, vos pensées comme des gouttes qui ne lavent rien. Vous appreniez la réalité. Celle des insectes et des obstacles, celle du temps peuplé de chiffres. Vous étiez les mains d'un autre travail, les yeux d'un brillant saccage. Vos premiers jours trainent sur le plancher, oubliés comme une guerre perdue.
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Depuis l'invention de l'âme, votre tête porte l'univers comme un chapeau. D'une main, vous séparez l'eau qui lave de l'eau qui noie; d'un regard, vous devinez la souplesse du sol sous vos longues marches. Ce sont vos idées chaudes, ces feux de boue tapis sous les paupières, comme ces paisibles légendes sans mots à propos du lendemain des hommes.









1 intervention(s):
J'aime beaucoup ces poèmes. Me rends compte que j'ai un peu expédié ta curiosité tout à l'heure, désolée, mais je vais le lire, c'est prévu. Tiens, je te ferais même part de ma lecture dès que ce sera fait.
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