Je me souviens, je terminais la énième révision de La canicule. Je disais plus jamais, plus jamais un livre à l'architecture aussi complexe. Deux romans plus tard, me voilà lancé dans un projet de mille pages... L'art de se mettre le pied dans la tête.
Enfin, je viens de commettre une erreur de pee-wee. J'avais une structure, un plan, un mode de rédaction parfaitement adapté au besoin de ce projet sur la mort (scoop). Il aura fallu que je tombe dans l'excellent 2666 de Bolaño (une bonne brique, tiens donc) pour me mettre à douter du moindre détail de mon projet. 2666, sommairement, c'est cinq livres en un, mis bout à bout. Une prose malléable, à la fois dense et rythmée, exclusivement AU PASSÉ. Alors que ma prose se développe au passé, au présent et parfois même au futur car ELLE SE FONDE SUR L'ÉVÉNEMENT, LE LIEU ET SURTOUT LA PERCEPTION DU PERSONNAGE. Bolaño, lui, raconte, livre des trucs déjà passés. Moi, je dévoile au fur et à mesure. Autre dynamique.
La création, dans mon cas du moins, prend souvent la forme d'un élan d'enthousiasme. Carver, Sade et Ellis m'ont donné envie d'écrire La Canicule; Banks, Tolstoï et Tchechov ont inspiré le roman 2; Delisle, McCann et McCarthy ont déclenché le roman 3. Celui-ci, prosaïquement nommé roman 4 (car j'ai horreur de me faire piquer des titres), s'inspire de mes trois premiers romans. C'est principalement l'élément que je ne dois pas oublier.
Vouloir écrire quinze ou vingt ou quarante-douze romans n'a rien de mauvais. Ne reste qu'à se souvenir qu'on ne peut qu'en écrire un à la fois. Alors, Bolaño, je te dis à une prochaine, salaud.
La débâcle dans mon sous-sol
Il y a 1 jour









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