
Retour chez soi par la route rapide, quitter les quatre voies de la I-95, scénario possible de l'enfer pavé: les VUS, pick-up, mammouths roulants V8 quatre roues motrices pétro-dépendant, toll-booth 1.75$, semi-remorques, trains routiers, vent de face nocif; prendre à gauche, vers l'état du live free or die, appuyer ferme sur la pédale droite de l'Echo hatchback parmi les géants, atteindre 130 Km/h en souhaitant éviter les Highway patrols, les states troopers aux chapeaux de boyscouts avec taser et 45 chargés à bloc; admirer la lumière, plus riche sous le 45e parallèle, comme si l'angle donnait au soleil une densité nouvelle, passer Concord et les liquor stores, voir la route qui monte, monte et monte encore; s'en foutre, persister, 130Km/h, 80 Mph pour les locaux; se faire regarder par des Américains incrédules, aux pieds plus légers — coût de l'essence oblige — dépasser ces mêmes grosses cylindrées, paresseuses en montée, imprécises en descentes, filer comme une balle d'argent sur un serpent d'asphalte quasi désert, monter, virer, virer encore; faire changer le paysage à chaque kilomètre, filer entre les murs du granite state jusqu'aux White montains, lever le pied devant les troopers, se dire qu'il faudra revenir, monter plus haut, se faire une montagne; continuer, passer la vallée du souffle coupé, pousser jusqu'au Vermont, prendre la I-91, parfaitement vide, parfaitement lisse, se dire que rouler pollue, certes, mais pour une fois, s'en foutre, monter le volume, laisser les vitres baissées, croire que la route est à moi, jusqu'à la frontière.











1 intervention(s):
Good words.
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